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  • Je leur ai demandé la lune

    Un grand merci aux élèves de troisième du collège Darius Milhaud de Sartrouville qui ont accepté un devoir de français hors normes. Ils ont lu le manuscrit de mon nouveau roman pour adolescents, "On ne peut quand même pas en vouloir à la lune" et ont accepté de jouer les critiques littéraires. Avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, ils ont exprimé leur ressenti : ce qui avait plu, ce qui n'avait pas convaincu, ce qui avait ému, ce qui avait amusé... Certaines ont attendu la fin du cours pour venir livrer leur ressenti. "Vous savez Madame, c'est un livre de filles"... C'est vrai !

    Je les ai quittés déçue que l'heure soit si vite passée et impatiente à la fois de reprendre ma copie ! Promis, je vous la ramène dès qu'elle est finie.

    Un grand merci aussi aux deux enseignantes qui m'ont reçue, donné leur avis d'adultes... qui parlent encore si bien la langue des jeunes.

    Leur regard sur cette recontre se trouve là :http://www.clg-milhaud-sartrouville.ac-versailles.fr/spip.php?article188

  • Les Pages Blanches de mon Carnet de Grauku

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    Il y a quelques temps, j'ai été interviewée par "Pages Blanches", un journal de lycéens au Québec, à propos de mon roman , "Le carnet de Grauku". Il a été publié là-bas aux Editions de Mortagne. J'ai reçu hier la revue en question. Non seulement j'y ai retrouvé l'intégralité de cette longue entrevue, mais j'y ai surtout découvert de très beaux textes de lycéens dont un que je publierai très prochainement sur ce blog. Ils m'ont vraiment impressionnée ! En attendant, je vous laisse découvrir l'interview...

    1.- Pourquoi ce titre ?

    Parce que je voulais un titre qui reflète vraiment la souffrance des personnes en surpoids. C’est une insulte que j’ai souvent entendue, et les personnes qui les proféraient ne faisaient pas de manières. C’est pour cela que j’ai choisi de choquer avec « grauku », même si je ne l’aurais jamais écrit « gros cul ».

    Mais je reconnais que c’est un titre difficile et je suis très reconnaissante à mon éditeur de l’avoir accepté, je sais que cela n’a pas été la solution la plus facile pour lui.

    2.- Le sujet en est un difficile à aborder : l'anorexie. Pourquoi ce sujet ? Pouvez-vous nous parler de cette maladie et de ses effets ?

    Le sujet du livre n’est pas l’anorexie. L’anorexie n’apparait que comme support à ma démonstration. Le sujet du livre, ce sont les pulsions alimentaires et la souffrance qu’elles entrainent. L’anorexie m’a permis dans ce cas de montrer que les régimes absurdes ne sont jamais la solution. L’anorexie est l’étape ultime de ces régimes. Il se trouve que je connais une jeune fille anorexique, et jamais je n’aurais réussi à me mettre vraiment dans sa peau pour écrire mon livre. On n’imagine pas la souffrance de ces personnes, même si on essaie, et même si on tient énormément à elles.

    3.- Y a-t-il un lien entre votre héroïne, Manon, et vous-même ? Avez-vous vécu quelque chose de semblable ? Quelqu'un de votre entourage ?

    Bien sûr qu’il y a un lien très fort entre Manon et moi ! Je me suis pourri l’adolescence avec des soucis de poids qui n’en étaient pas vraiment à l’époque. Résultat : j’ai commencé les régimes, et aujourd’hui, non seulement je suis toujours aussi accro au chocolat, mais je pèse 20 kilos de plus ! Tous localisés dans le bas du corps. Je me suis aussi beaucoup mise à la place de la mère, car j’ai trois enfants.

    4.- Avez-vous eu des témoignages de jeunes après la lecture de votre roman ?

    Oui, j’ai eu beaucoup de témoignages très touchants, et notamment d’une jeune anorexique qui avait réussi à vaincre la maladie, seulement parce qu’elle avait lu sa souffrance dans les mots d’une autre.

    5.- Y a-t-il une raison pour laquelle vous avez écrit ce roman sous la forme d'un carnet, d'un journal ?

    Ce n’est pas un carnet ! Le carnet, ce n’est que le petit cahier où elle note les aliments qu’elle supprime. Par contre, le récit se fait à la première personne du singulier, pour que l’on sache bien ce que ressent Manon. J’ai vraiment décortiqué chaque sensation, chaque sentiment, même si cela était douloureux.

    6.- Avez-vous effectué beaucoup de recherches pour ce roman ? Avez-vous rencontré des jeunes vivant avec cette problématique ?

    Je n’ai pas rencontré de jeunes vivant cette problématique, il se trouve juste que je la connais trop bien… par contre, j’ai vraiment consulté une psy pour savoir ce qui aurait pu être proposé à Manon pour s’en sortir, et cela m’a permis d’écrire les derniers chapitres. Quant à l’anorexie, comme je vous le disais plus haut, je connais un peu malheureusement.

    7.- Y a-t-il des différences entre ce que vivent les jeunes en France et au Canada en ce qui concerne l'anorexie ?

    Alors là… Vous me posez une colle ! Je sais que nous avons de belles structures en France, comme la maison de Solenn. Mais je suis certaine que vous en avez autant ! Une collection comme celle où est sorti mon livre chez vous, « Tabou », montre qu’il y a dans votre pays une véritable place pour les questions d’adolescence, et je trouve cela super !

    8.- Quel message vouliez-vous lancer en écrivant ce roman ?

    Arrêtez de juger les gens gros ! Et arrêtez de vous torturez pour votre poids !

    9.- L'utilisation des téléphones portables pour prendre des photos et ainsi violer l'intimité des gens est courant de nos jours. Ou Internet via le clavardage. Vouliez-vous dénoncer cet état de choses et avertir les jeunes quant à l'usage de ces technologies ?

    Oui, je crois que quand on est ado, on ne mesure pas toujours la portée de ses mots. Adultes non plus d’ailleurs ! Alors quand ils sont démultipliés par ces appareils, c’est dangereux. En plus, je trouve cela tellement lâche !

    10.- Avez-vous adapté vous-même votre roman pour le Québec ?

    J’en aurais été incapable ! Par contre, j’ai lu le texte avant sa publication, et on m’a proposé de le modifier si je le souhaitais, je l’ai trouvé très bien adapté, et j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir vos expressions. La sortie au Québec de mon roman est une aventure fabuleuse, j’aime l’idée que vous le fassiez vôtre, si loin de son pays de naissance !

    11.- Vous avez choisi délibérément d'écrire de façon assez crue. Pourquoi ?

    Parce que je ne voulais pas mentir ; je voulais que l’on puisse vraiment se mettre dans la peau de cette fille. C’est pour cela que je suis crue, sincère, mais jamais vulgaire non plus.

    12.- Votre roman peut-il être lu par un garçon ?

    Bien sûr ! C’est même forcément recommandé ! Mon roman préféré, quand j’étais ado, c’était The Outsiders de S.E. Hinton. Ponyboy, le héros, est un garçon, et j’ai bien ressenti tout ce qu’il vivait. Un jeune d’une école est venu me voir un jour à la sortie d’une rencontre. Il avait un complexe physique (des paupières très épaisses qui lui cachaient les yeux) et il avait été bouleversé par mon livre, car il y avait retrouvé sa souffrance et sa colère.

     

    Avez-vous un autre métier ?

    Oui, je suis journaliste… mais avec un autre nom !

     

  • On ne peut quand même pas en vouloir à la lune... suite !

    Premiers retours sur mon texte. Mots doux, mots justes. C'est incroyable comment mes "reliseuses" arrivent à identifier les points de rythme à retravailler, les morceaux à changer, à déplacer. Mon texte entre leurs mains continue à vivre, à se construire. Me voilà spectatrice impatiente, pressée de voir ce que nous tous allons en faire et de reprendre la plume mais... patience ! Car cette fois-ci en plus, des classes de 3e du collège Dahrius Milhaud de Sartrouville sont associés au projet. Il me tarde de lire leur retour et de les rencontrer. Tous ensemble, on va la décrocher... la lune !