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Toute ressemblance avec des faits réels...

Aujourd'hui,
et aujourd'hui seulement,
parce que c'est le jour de la sortie de "Collés !",
je reconnais que la journée en colle est une expérience qu'on a partagée de mère en fils...
Ce message s'auto-détruira dès demain.

J'étais en classe de quatrième, et nous devions ce jour là partir en sortie. (Ce qui était très exceptionnel à l'époque.) Au programme : visite d'une usine à Dunkerque le matin, et surtout, patinoire l'après-midi !

Alors que nous étions toutes réunies (collège privé de filles, devenu mixte depuis !) près du gymnase, monsieur Maillard, le surveillant général (CPE dans sa version préhistorique) est arrivé.

Précision : je détestais déjà monsieur Maillard avant ce matin. Chaque fois qu'un prof me virait et me donner une heure de colle (toujours pour bavardage, c'est génétique chez moi.), il doublait la dose.

Il a cité cinq élèves, dont ma meilleure amie et moi, et nous a annoncé très fier de lui que nous ne partions pas mais allions passer la journée en permanence. Pourquoi ? 

- Parce que... a-t-il répondu.

Inutile de dire que nous étions dégoûtées...

Cécile, (mon amie qui a eu un cancer, et qui a inspiré le tome 1 des aventures d'Anatole Bristol) s'est interposée :

- Si Sophie est punie, je dois l'être aussi !

En effet, elle accumulait les conneries et assumait !

Et là, monsieur Maillard a eu cette réponse magique :

- Oui mais toi, tu as eu un cancer..

Le dinosaure du CPE, je vous dis...

Nous sommes parties en permanence. A la récré, j'ai appelé de la cabine de l'école chez moi pour prévenir ma mère. Elle était absente, j'ai laissé un message.

Au moment d'aller manger le pique-nique prévu pour la sortie à la cantine, j'ai appris que je rentrais chez moi : ma mère était venue me chercher.

Et s'expliquer avec ce monsieur Maillard...

Nous avons reçu ensuite un courrier annonçant après coup la punition et expliquant qu'elle sanctionnait en effet mon attitude en classe.

Mes parents ont répondu qu'ils acceptaient tout à fait le principe et la nature de la sanction, mais qu'il aurait fallu prévenir à l'avance. Laisser cinq ados en classe le jour J, c'était vicieux.

Il m'a fallu des années pour comprendre que, dans mon adolescence ouatée, cette journée avait été une blessure. Ma meilleure amie et moi étions cataloguées juste parce que nous n'étions pas "dans le rang".

Ma maman m'a donné une jolie leçon de justice ce jour-là.

 

Bien des années plus tard, mon fils Olivier a été inclus-exclu à deux occasions dans son collège. La première était tout à fait justifiée, la seconde non.

Et à mon tour, je suis intervenue auprès du collège pour le signifier. Je n'ai pas demandé la levée de la sanction, j'ai juste dit ce que j'en pensais.

Elle a été levée, et mon fils n'a pas quitté cet établissement sur un sentiment d'injustice.

Cette histoire m'a donné envie d'écrire "Collés !". Isabel Vitorino, mon éditrice, a tout de suite été emballée par le projet. (MERCI !)

J'ai eu un grand plaisir à confronter dans ce texte sanctions justifiées même quand l'ado ne s'en rend pas compte et injustices.

Je ne sais pas si je fais le plus beau métier de la Terre, mais je fais celui qui me correspond, c'est certain.

Bien entendu, Collés est dédié à Monsieur Maillard :)

 

 

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